Nos ancêtres qui vivaient en communauté:
au même pot et au même feu

Henriette Dussourd a décrit, dans son livre "Au même pot et au même feu", ces curieuses communautés familiales qui partageaient tout: leurs biens, leur travail, leurs veillées et dont, bien souvent, les enfants se mariaient entre eux. Chaque famille avait sa chambre dans la grande maison, mais il n’y avait qu’une salle commune pour prendre les repas (le même pot) et profiter de la chaleur du foyer (le même feu).

La vie en commun était strictement organisée, autour d’un maître et d’une maîtresse (pas forcément mari et femme) qui dirigeaient et organisaient le travail des hommes et des femmes, et représentaient la communauté, vis-à-vis du monde extérieur. Le maître, notamment, était seul habilité à contracter des actes notariés engageant les biens de la communauté. Les membres de la communauté, autres que le maître et la maitresse étaient les "personniers".

Le maître se distinguait parfois des personniers en portant une grande ceinture colorée (de laine rouge et verte, de velours bleu, ...) et était le seul à porter des souliers. Il occupait souvent des fonctions municipales.

Dans la communauté, sa fonction particulière était de conduire les boeufs. Dans les grandes communautés, certains personniers étaient désignés responsables de certains secteurs: le maitre bouvier, le maitre vigneron, le maitre laboureur.

La maîtresse, élue par les femmes, avait une responsabilité très grande, car elle dirigeait tout ce qui concernait la maison et l’habillement des personniers.

Ces communautés étaient fréquentes dans tout le centre, au 17e siècle, du Nivernais à l’Auvergne. les plus grandes comptaient jusqu’à plus de cent personniers. La plus célébre, celle des Quittard-Pinon, a duré 12 siècles, jusqu’en 1835. On en trouvait beaucoup dans l’est de l’Allier, berceau des ancêtres de ma grand-mère maternelle, Berthe Marme.

Rien d’étonnant, donc, à ce que plusieurs des ancêtres de cette branche aient fait partie de ces communautés:

- Estienne Raymond (11e génération, décédé en 1711, à Liernolles), est dit chef de sa communauté, lors du décés de sa première femme, Benoiste Tournu, en 1692 et lors de son remariage, l’année suivante, avec Philiberte Monin. A son décés, sa communauté était peut-être dissoute, car il est seulement dit laboureur.

- François Chavarroche (9e génération, 1736-1786), qui vécut au Breuil, dans la montagne Bourbonnaise, était membre de la communauté des Pourchers, ainsi que ses parents, Pierre Chaveroche (+1738) et Louise Decloitre (+1761). Il eut trois enfants de sa première femme, Catherine Jacquet, et six de sa deuxième femme, Margueritte Vialles, dont François, notre ancêtre.

Note: ce François se marie, en 1786 (à l’âge de 16 ans), avec Nicole Thevenet, en même temps que sa mère, Margueritte, se remarie avec Philippe Thevenet, sept mois après le décés de François, le père.

 

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