La fabuleuse histoire ... du Bourbonnais

 

Le Bourbonnais, au fait, c’est quoi ?
Actuellement, la province se confond avec le département de l’Allier, rattaché à la région Auvergne.
Avant d’en arriver là, Le Bourbonnais fut un Duché, dont l’origine remonte à l’an 915, date à laquelle un certain Aimard, seigneur local, fait don de ses terres de Souvigny au monastère de Cluny. Fort du soutien des moines, les seigneurs de Bourbon qui se succèdent vont agrandir, petit à petit, leur domaine. Comme ils sont aussi de fidèles alliés de la couronne de France, leurs terres sont promues au titre de Duché par Charles V, en 1327, distinction rare, à l’époque.
Le Bourbonnais atteint son apogée sous Pierre de Beaujeu et son épouse, Anne de France, vers 1500. Le Duché est alors le plus gros et le dernier des grands fiefs féodaux et la cour de Moulins n’a pas grand-chose à envier à celle de Paris.
Les choses se détériorent ensuite sous François 1er qui n’a pas de bons rapports avec Charles III, le Connétable de Bourbon. Lorsque celui-ci, à la suite d’intrigues de Louise de Savoie, la mère de François 1er, se voit dépouillé de tout, il tente de s’allier à Charles Quint mais la manoeuvre échoue et il doit s’enfuir.
Le Bourbonnais est alors rattaché à la couronne de France, en 1523, et devient ainsi une province dont le nom restera associé à la dynastie des Rois de France.

A la révolution, le département de l’Allier est créé, reprenant, à peu de choses près, les terres du Bourbonnais. Les Montluçonnais sont déçus, car ils voulaient un département du Haut-Cher, rassemblé autour de leur ville, plutôt que de rester dépendant de Moulins.
Au cours des siècles, le Bourbonnais n’a pas toujours été au coeur de la France, comme maintenant.
Vers 1200, il était à la frontière de l’Aquitaine, possession Anglaise, ce qui valut à certaines de ses 17 châtellenies de subir les assauts épisodiques des bandes de routiers (pillards) à la solde des Anglais. Ainay le Chateau et Cerilly, notamment, furent ravagées en 1568.
Il y eut ensuite les guerres de religion qui occasionnèrent des troubles dans la région car Moulins et Saint Pourçain, notamment, abritaient de nombreux Huguenots.
Autre limite, administrative, celle-là: le Bourbonnais était pays de grande gabelle (c’est-à-dire que le sel y était fortement imposé, valant 60 livres le quintal) alors que l’Auvergne était pays "rédimé" (11 livres le quintal de sel). De quoi donner naissance à une importante contrebande entre les deux provinces.
Rappelons aussi que le Bourbonnais était pays de langue d’oïl, alors que la langue d’oc avait cours jusqu’à la Combraille, sa limite sud.

Couple de Bourbonnais. La femme porte la coiffe Bourbonnaise à deux bonjours (un devant, un derrière)

Enfin, plus près de nous, en 1940, l’Allier fut à la limite de la zone de démarcation, séparant la partie de la France occupée par les Allemands de la zone dite "libre". D’où l’installation du gouvernement de Pétain à Vichy, épisode dont les Bourbonnais se seraient bien passés. Mais, en même temps, au nord du département, des patriotes courageux aidaient, au péril de leur vie, les résistants, les réfugiés et les juifs à se sauver en traversant cette fameuse ligne.

Pour en savoir plus:

www.multimania.com/micfab: histoire, cusine, dialecte, carte, ... du Bourbonnais

 

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